Dead Like Me, « Life sucks, and then you die. And then it still sucks. »
Cette phrase, c'est George Lass qui l'a dit, l'héroïne de la trop méconnue et sous estimée série Dead Like Me. Elle résume plutôt bien le show, ou tout du moins l'état d'esprit de sa protagoniste principale. J'ai découvert cette petite pépite début 2004, via une émission radio promouvant son arrivée sur Canal Jimmy. L'histoire avait l'air intéressante et suffisamment insolite pour tout de suite m'intéresser. Une petite trentaine d'épisodes (seulement
) mais définitivement une de mes séries préférées. Du rire, de l'émotion et ce petit côté décalé qui font qu'on devient vite accroc à cette bande de "grim reapers".
Constituée de 29 épisodes étalés sur deux saisons, plus un film en direct-to-dvd, la série n'a pas survécue très longtemps. Bryan Fuller, son créateur, est rentré en conflit avec la MGM à propos du scénario et de coupes dans celui-ci, dénaturant selon lui le thème principal. Il quitta la série après les 5 premières épisodes. Showtime l'annula plus tard, officiellement à cause de la dégradation globale de la qualité.
Mais recentrons nous sur l'histoire. Pas le temps de tergiverser, le premier épisode nous plonge tout de suite dans l'ambiance. Accompagné par la voix off de George, nous découvrons le destin tragique qui l'attend dès les premières minutes du pilote. Sa vie va s'arrêter à 18 ans, lorsqu'elle est tuée sur le coup par la chute de la lunette des toilettes de la station Mir. Oui, rien que ça
.
Elle est "recrutée" sans qu'on lui demande trop son avis, pour faucher les âmes des gens quelques instants avant leur mort. Perturbée par sa nouvelle vie, notre héroïne va tant bien que mal s'habituer à ce job insolite et à sa nouvelle bande d'amis. Parmi eux on retrouve, Mason et son adorable accent anglais, la ravissante Daisy Adair (formidable Laura Harris dans ce rôle <3) ou alors le flegmatique Reuben et ses sempiternels post-its jaunes.
La série est truffée d'humour, noir forcement car en perpétuel métaphore avec la mort. Chaque membre apporte sa personnalité et certaines situations comiques naissent tout simplement de leurs différences. Chacun possède son propre contexte culturel et social et souvent ils ne se comprennent pas. Paradoxalement, maintenant ils sont tous dans le même bain et ce qu'ils étaient de leur vivant n'a plus d'importance. Les dialogues sont drôles, finement écrits et une certaine satire du monde du travail vient affiner encore plus le pouvoir comique de l'ensemble.
Georges a 18 ans quand sa vie s'arrête recommence de nouveau. Durant le peu de temps pendant lequel on peut la voir vivante, elle apparaît comme une ado démotivée par la vie, qui va bosser parce que sa mère l'y pousse. Sa mort va tout changer, ou pas
. Elle va grandir d'un coup et se retrouve à travailler dans une boite d'intérim, Happy Time Temporary Services. Être une grim reaper ne la dispense pas de ce fardeau, chacun devant subvenir à ses besoins de sa propre façon (plus ou moins légale...). Les scènes avec Delores Herbig, sa boss, sont particulièrement délicieuses.
Dead like me c'est aussi un côté dramatique. Comment réagiriez vous si vous pouviez voir vos êtres aimés mais que ceux-ci vous croit morte en face ? Chaque grim reaper possède une nouvelle identité et un nouveau visage que seuls les vivants peuvent distinguer. Malgré toute l'indifférence qu'une jeune ado blasée peut ressentir vis à vis de sa famille, notre héroïne va avoir beaucoup de mal à gérer cette situation et c'est à plusieurs reprises qu'elle se mettra dans une position compliquée vis à vis des membres de sa famille.
Au final, il faut découvrir par soi même cette série. C'est drôle et émouvant, cynique et étonnant, vraiment unique en son genre. On est enveloppé d'une atmosphère et d'un esprit réellement singulier à travers les épisodes. Ne cherchez pas des éléments de science fiction incroyables ou une cohérence parfaite du monde des morts, ici c'est plutôt un univers onirique dans lequel vous allez vous plonger. Un monde où la mort n'est qu'une étape. Pas d'inquiétude, pas ou peu de références religieuses sont présentes, la rencontre avec la grande faucheuse est désacralisée et humanisée de façon intelligente.
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